L’or recyclé, ce que cela change
« Or recyclé » est un mot qu’on croit comprendre, et qui mérite mieux qu’une intuition. Voici ce qu’il désigne, d’où il vient, ce qu’il change, et ce qu’il ne change pas.
Que veut dire or recyclé ?
De l’or déjà extrait, remis dans le circuit de la matière première au lieu d’être sorti d’une mine. Deux opérations bien distinctes se cachent derrière le mot, et les confondre induit en erreur.
L’affinage ramène le métal à sa pureté : il est fondu, débarrassé de ses autres métaux, puis titré de nouveau. Un or affiné puis réallié est une matière première contrôlée, au titre garanti.
La simple refonte d’un alliage existant est autre chose : elle ne rétablit pas automatiquement ses caractéristiques. La composition peut avoir dérivé, des oxydes et des impuretés s’accumulent, la coulée peut piéger des porosités. Une refonte demande donc analyse, ajustement et contrôle avant d’être employée pour une pièce neuve. C’est pourquoi nos bagues partent d’un or affiné et retitré, non d’une refonte improvisée.
L’or se dit en millièmes : 750 millièmes contient 75 % d’or pur, 585 millièmes en contient 58,5 %.
D’où vient-il, concrètement ?
De quatre sources principales. Les bijoux anciens, rachetés et refondus, qui forment le gros du volume. Les chutes d’atelier, car un joaillier ne jette jamais une limaille d’or : elle retourne à l’affineur. L’or d’orfèvrerie et d’usage professionnel, des pièces de service aux équipements dentaires. Et l’or contenu dans les composants électroniques, présent en très petites quantités mais dans d’énormes volumes de matériel. Tout cela reprend le même chemin : la collecte, la fonte, l’affinage, le retitrage.
Change-t-il quelque chose à la qualité de la bague ?
Non, à condition qu’il ait été affiné et contrôlé. L’or est un métal qui se refond sans se dégrader : sa nature ne change pas au passage. Une bague en or recyclé 750 millièmes est une bague en or 750 millièmes, avec le même titre et le même comportement. Le poinçon dit le titre ; il n’a pas à raconter l’histoire du métal, parce qu’elle ne change rien à la pièce.
Alors, qu’est-ce que cela change ?
Cela change l’origine de la matière, et c’est un choix documenté, pas une garantie universelle.
Ce que l’on peut dire avec certitude : cet or-là ne vient pas d’une extraction nouvelle, et son origine recyclée peut être attestée par le fournisseur. Ce que l’on ne peut pas dire : qu’il réduise l’extraction d’autant. La demande mondiale d’or ne se déduit pas d’un achat, et personne ne peut affirmer qu’un gramme recyclé remplace un gramme extrait.
Et le recyclage n’efface pas les conditions de l’extraction initiale. L’or recyclé a été extrait un jour, quelque part, dans des conditions que la refonte ne corrige pas.
C’est pour cette raison que nous parlons d’un choix de matière documenté, et non d’un or « propre » ou « sans impact » : les recommandations professionnelles sur les allégations environnementales sont strictes, et elles ont raison de l’être.
Comment nous approvisionnons-nous ?
Nos ateliers partenaires achètent leur or auprès de fournisseurs certifiés ; sur demande, le fournisseur peut en attester l’origine recyclée.
Jaune, blanc, rose : d’où vient la couleur ?
De l’alliage. L’or pur est jaune et trop tendre pour une bague portée tous les jours : on lui ajoute d’autres métaux, qui le durcissent et décident de sa teinte. Plus de cuivre et l’or tire vers le rose ; plus d’argent et de palladium et il pâlit vers le blanc ; l’or jaune garde un équilibre proche de la couleur du métal pur.
Un point mérite d’être connu avant de choisir : l’or blanc est le plus souvent rhodié, c’est-à-dire recouvert d’une fine couche de rhodium qui lui donne son éclat froid. Cette couche s’use au frottement et se refait en atelier, en général tous les quelques années selon le port. Ce n’est ni un défaut ni une surprise, à condition de le savoir.

L’or recyclé est-il moins cher ?
Non, et il ne prétend pas l’être : l’or recyclé se négocie au cours de l’or. Son intérêt n’est pas là. Dans le prix d’une bague, ce qui compte est le poids du métal et son titre : notre guide du prix détaille comment cela se compose, Ce qui fait le prix d’une bague sur mesure.
Quels métaux travaille la maison ?
L’or recyclé en 585 et 750 millièmes, dans les trois couleurs, ainsi que le platine 950 et l’argent massif 925.
Comment entretenir une bague en or ?
Simplement, et régulièrement. De l’eau tiède, une goutte de savon doux, une brosse à poils souples pour passer derrière la pierre : les salissures, notamment sous la pierre, diminuent son éclat. On retire ses bagues pour le ménage, le bricolage et la piscine : les produits chlorés attaquent les métaux d’alliage et peuvent fragiliser une monture.
Une bague portée se raye, et ses arêtes s’adoucissent avec les années : c’est la vie normale d’un bijou. Un polissage lui rend son éclat, mais il retire une fine couche de métal : il doit rester occasionnel. Bien portée et polie de loin en loin, une bague en or traverse une vie sans difficulté.
Faire le test de goût · Commencer à imaginer sa bague